Demandez à un expert

Mis à jour : 5 septembre 2017

Ask the expert

Cancer du rein Canada reçoit régulièrement des appels de patients ou d’aidants qui ont des questions concernant le cancer du rein ou des problèmes de santé. Nous tentons toujours de répondre aux questions d’ordre général avec la collaboration de notre réseau de cliniciens et d’experts.

Veuillez noter que notre personnel et nos bénévoles ne sont pas à même de poser un diagnostic sur les problèmes de nature médicale et nous encourageons les patients à consulter leur médecin pour toute question concernant leur santé.

En l’absence d’un examen médical et de résultats de tests diagnostiques, le contenu des réponses est de nature strictement informative et ne saurait constituer un diagnostic.

Voici quelques unes des questions auxquelles nous avons répondu au cours des derniers mois. 

Veuillez consulter notre série de vidéos « Demandez à un expert » sur ce lien.

 

Les symptômes avant la chirurgie

SANG DANS LES URINES

J’ai du sang dans mes urines et une douleur constante à mon côté gauche. J’ai eu une analyse sanguine et urinaire et mon médecin de famille m’a dit que tout était normal. Je suis inquiet, car bien que mon médecin estime qu’il n’y a pas lieu de procéder à d’autres tests, j’éprouve encore des symptômes. J’ai peur et je ne sais pas quoi faire.

Dr. Anil KapoorDR ANIL KAPOOR MD, FRCSC
Uro-oncologue
Juravinski Cancer Centre
Hamilton, ON

La présence persistante de sang dans les urines doit toujours être investiguée. Si vous urinez du sang, il faut procéder à d’autres tests, normalement une tomodensitométrie (scan) et une cystoscopie. Chaque fois que vous croyez avoir un problème de santé, retournez consulter votre médecin et expliquez-lui ce qui vous tracasse. Si ce dernier vous semble toujours réticent à procéder à d’autres tests, sans vous donner d’explications qui vous satisfont, demandez une copie des résultats de vos tests et envisagez d’obtenir une deuxième opinion.

Apprenez-en plus sur la façon d’obtenir une deuxième opinion.

 

 

Les symptômes après la chirurgie

DOULEURS À L'ABDOMEN

J’ai subi une néphrectomie partielle il y a deux mois, mais j’ai encore des douleurs à l’abdomen et dans la zone du rein opéré. La douleur ne m’empêche pas de faire mes activités quotidiennes et mon énergie est bonne. Est-il normal que je continue à avoir des douleurs? 

Dr. Anil KapoorDR ANIL KAPOOR MD, FRCSC
Uro-oncologue
Juravinski Cancer Centre
Hamilton, ON

Il est très normal d’éprouver de la douleur après une chirurgie, parfois pendant aussi longtemps que six mois! La convalescence se passe différemment pour chaque personne et votre organisme reviendra à la normale à son propre rythme. Toutefois, si la douleur venait à augmenter, il est capital de consulter votre médecin aussitôt!

La douleur qui suit une néphrectomie partielle varie grandement d’une personne à l’autre et certains patients éprouvent de la douleur plus longtemps que d’autres. On observe que les patients plus âgés tolèrent mieux la douleur que les plus jeunes.

Soyez à l’écoute de votre corps. Si vous croyez que quelque chose ne va pas, appelez votre urologue, car il est le seul à pouvoir déterminer si vous devez subir des examens plus approfondis. Si vous éprouvez des symptômes tels que de la fièvre, des vomissements ou que votre abdomen est enflé, vous devez consulter un médecin immédiatement. 

Les effets secondaires

EFFETS SECONDAIRES IMPORTANTS

Ma mère est atteinte d’un cancer du rein métastatique et elle éprouve d’importants effets secondaires reliés à la thérapie orale qu’elle suit. La dose et la fréquence d’administration du médicament ont fait l’objet d’ajustements, ce qui a aidé à diminuer l’intensité de ces effets. Je crains toutefois que la dose réduite ne soit pas suffisante pour combattre le cancer. Pourriez-vous me donner votre avis?

Dr. Christian KollmannsbergerDR CHRISTIAN KOLLMANNSBERGER MD FRCPC
Oncologue
Vancouver Cancer Centre
Colombie-Britannique

Le médecin cherche avant tout à donner le meilleur traitement à votre mère. Vous mentionnez que la diminution de la dose et le changement de la fréquence d’administration ont minimisé les effets secondaires? Votre mère peut ainsi continuer à suivre le traitement. La dose est-elle suffisante? Seul le suivi médical sera à même de l’établir, mais sachez qu’un ajustement de la posologie pour contrer les effets secondaires ne résulte pas nécessairement en une diminution de l’efficacité du traitement. Chaque patient est différent dans la manière dont son organisme assimile le médicament et plusieurs peuvent tirer bénéfice d’une diminution de la dose ou d’un changement de la fréquence d’administration. En tout premier lieu, les oncologues établissent si le patient répond au traitement; le cancer est-il demeuré stable ou a-t-il régressé? C’est par la suite qu’ils déterminent si la dose est efficace. Si elle s’avère insuffisante, ils pourront examiner d’autres options de traitements.

Visitez notre page sur la gestion des effets secondaires.

Les essais cliniques

ACCÈS AUX PATIENTS QUI NE SONT PAS CANADIENS

Mon beau-frère, qui vit à l’extérieur du Canada, est atteint d’un cancer du rein. Il m’a demandé s’il pourrait participer à un essai clinique au Canada, même s’il n’est pas citoyen?

Dr. Christian KollmannsbergerDR CHRISTIAN KOLLMANNSBERGER MD FRCPC
Oncologue
Vancouver Cancer Centre
Colombie-Britannique

Pour répondre brièvement, oui, mais on doit tenir compte de plusieurs facteurs. Le coût du médicament est assumé par le protocole de recherche, cependant, d’autres dépenses, de nature médicale ou autres, sont à la charge du patient. L’assurance-maladie universelle est strictement réservée aux citoyens canadiens ou aux résidents permanents. (Note du rédacteur : vous devriez vérifier votre admissibilité à entrer au Canada auprès de l’Agence des services frontaliers du Canada.)

Votre beau-frère devra parler avec son oncologue des essais cliniques canadiens auxquels il aurait la possibilité de participer. Cet oncologue déterminera si votre beau-frère répond aux critères de l’essai envisagé. Le cas échéant, l’oncologue fera la présentation du cas de votre beau-frère au chercheur principal canadien, qui prendra la décision finale sur son éventuelle participation. Dans ce genre de situation, il se peut que le chercheur principal ou l’établissement où les soins sont dispensés demande à votre beau-frère une garantie qu’il pourra assumer l’ensemble des dépenses à engager, outre celles remboursées par l’essai clinique.

Consultez la liste des essais cliniques au Canada sur ce lien.

Les antécédents familiaux et le cancer du rein

TESTS GÉNÉTIQUES

Ma tante maternelle a reçu un diagnostic de cancer du rein dans la soixantaine et mon frère a reçu le même diagnostic dans la cinquantaine. Ma famille devrait-elle faire l’objet d’un suivi médical particulier ou subir des tests génétiques?

Dr. Christian KollmannsbergerDR CHRISTIAN KOLLMANNSBERGER MD FRCPC
Oncologue
Vancouver Cancer Centre
Colombie-Britannique

Sans connaître l’historique médical des deux patients, il est impossible de répondre véritablement à cette question. Toutefois, le lien de parenté au premier degré (parent, frère ou soeur, enfant) pourrait justifier de pousser la recherche plus loin afin de vérifier la présence d’une composante génétique de la maladie. Dans ma pratique, selon le contexte et les antécédents médicaux, il se pourrait que je dirige les patients vers un spécialiste des cancers de nature héréditaire. Veuillez noter qu’une telle consultation doit faire l’objet d’une demande de la part de votre médecin traitant.

Vous trouverez de plus amples informations concernant les gènes, la génétique et le cancer du rein sur le lien suivant

Les assurances et l'emploi

PRESTATION D'INVALIDITÉ ET LICENCEMENT

J’ai un cancer du rein et je reçois présentement des prestations d’invalidité à court terme dans le cadre du plan d’assurance de groupe de mon employeur. Je me sens bien, je n’éprouve pas d’effets secondaires importants causés par le traitement. J’envisage donc la possibilité de retourner au travail. Si, par la suite, mon état en venait à se détériorer et que je doive à nouveau recevoir des prestations d’invalidité, à quoi dois-je m’attendre en ce qui concerne mon assurance‑groupe? Serai-je à nouveau en période d’invalidité à court terme, pour ensuite faire une demande d’invalidité à long terme, ou serai-je en période d’invalidité à long terme dès le début? Je me demande aussi si mon employeur a le droit de me licencier durant ma période d’invalidité ou lorsque je serai de retour au travail.

Christopher SiverCHRISTOPHER SIVER
Avocat
Mulroney & Company
Victoria, C.-B.

Toute assurance fait l’objet d’un contrat, ce qui signifie que les règles qui vous permettent de vous qualifier pour une période d’invalidité, qu’elle soit de courte ou de longue durée, dépendent spécifiquement de la police d’assurance à laquelle vous souscrivez. C’est pourquoi il est difficile de répondre à des questions relatives à l’invalidité de courte ou de longue durée, sans avoir fait la lecture du contrat et pris connaissance de ses modalités et conditions spécifiques. Normalement, le montant des sommes reçues pour une invalidité de courte durée fait l’objet d’un plafond, qu’il soit établi pour une période donnée ou pour la durée de la vie. Cela dit, tout dépend de votre régime et votre assureur répondra volontiers à vos questions.
 
Les questions relatives au droit de conserver un emploi ou à la légalité d’un licenciement durant une absence justifiée par des raisons médicales sont de nature très complexe. Généralement, lorsque les raisons évoquées pour justifier le licenciement sont reliées à une maladie ou à une incapacité à retourner au travail, on considère que l’employeur contrevient au code des droits de la personne applicable. 

Toutefois, les choses ne s’arrêtent pas là. Il existe des raisons légitimes qui permettent à un employeur de licencier quelqu’un qui est absent pour cause de maladie. Les motifs les plus souvent invoqués sont la réorganisation et ce qu’on appelle une difficulté injustifiée. Il convient de mettre notre cynisme naturel de côté et de ne pas sauter aux conclusions; les réorganisations sont parfois nécessaires, certains emplois se terminent, des départements ferment et les entreprises changent et évoluent.

La difficulté injustifiée constitue l’autre raison la plus souvent invoquée lors du licenciement d’un individu qui est absent pour des raisons médicales. La notion de difficulté injustifiée fait partie de la législation en matière de droits de la personne. La difficulté injustifiée fait référence à un point que l’employeur doit avoir atteint avant d’avoir la possibilité de procéder à un licenciement qui contreviendrait à cette législation. Dans la pratique, la difficulté injustifiée est comparable à la doctrine d’impossibilité d’exécution du contrat de l’employé. Il arrive un moment où un employeur ne peut plus réserver un poste à une personne, notamment parce que le coût en est trop élevé, les autres employés souffrent de l’absence de l’employé de manière déraisonnable, ou il n’existe aucune perspective raisonnable que l’employé revienne un jour au travail. Le moment où il convient de déclarer une difficulté injustifiée ou une impossibilité d’exécution de contrat dépend principalement de la personne, de son rôle au sein de la compagnie, des ressources financières de cette dernière et de plusieurs autres facteurs.
 
On a vu des cas où l’employé est absent pendant plusieurs années sans qu’on procède à une déclaration de difficulté injustifiée ou d’impossibilité d’exécution de contrat, tandis que dans d’autres cas on a invoqué ces raisons au bout de quelques mois d’absence. Les employés dont l’horaire de travail peut être établi au moment où ils sont prêts à reprendre leur poste devraient normalement pouvoir s’absenter pendant de longues périodes, sans causer de difficultés injustifiées ou de frustration en ce qui concerne le personnel. Par contre, un président directeur général, un directeur financier ou un membre de la haute direction ne bénéficiera peut-être que de quelques mois, selon l’entreprise. La détermination d’une difficulté injustifiée s’établit presque entièrement en fonction des circonstances entourant chaque cas.

Que vous soyez un employé qui pense que ses droits ont été violés, ou un employeur qui cherche à prendre une décision éclairée, il est à votre avantage d’obtenir un avis juridique le plus tôt possible. En effet, des délais de prescription pourraient s’appliquer et avoir une incidence sur vos droits.

Ce qui précède est de nature strictement informative et ne constitue pas un avis juridique. Les lois en vigueur dans votre province pourraient différer de celles auxquelles on fait ici référence. Vous devez consulter un avocat spécialisé en droit du travail ou en droits de la personne de votre juridiction pour obtenir un avis juridique personnalisé.