Sommaire des faits saillants sur le cancer du rein de l’ESMO 2017

2 octobre 2017

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Article par: International Kidney Cancer Coalition

Note – Le rapport sommaire qui suit a été rédigé par des défenseurs des droits des patients, au bénéfice d’associations de patients qui se consacrent au cancer du rein. Bien que ce sommaire ait été approuvé sur le plan médical, les informations qu’il contient sont de nature publique, telles qu’elles ont été communiquées dans le cadre du congrès, et elles ne sont nullement exhaustives. Les patients sont invités à consulter leur médecin pour toute question concernant leur santé et leurs soins individuels.

 

Plus de 24 000 participants ont assisté au congrès annuel de l’ESMO (European Society for Medical Oncology) qui s’est déroulé à Madrid, du 8 au 12 septembre 2017. L’International Kidney Cancer Coalition (IKCC) y a tenu un kiosque afin d’assurer une plus grande visibilité au cancer du rein et nos représentants ont assisté aux principales conférences médicales, ainsi qu’aux rencontres entre les différentes associations de défense des droits des patients. L’édition 2017 de l’ESMO a été marquante car, pour la première fois, les porte-paroles des patients y ont reçu l’accueil jusqu’alors réservé aux professionnels du domaine de la santé et ils ont joui des privilèges des membres de l’ESMO. Non seulement nous avons pu faire connaître notre point de vue sur le cancer du rein, mais nous avons littéralement alimenté nos collègues dans le domaine de l’oncologie en distribuant plus de 30 kilos de pommes vertes (aux couleurs de l’IKCC) aux participants.

Checkmate-214 (une combinaison des agents immuno-oncologiques ipililumab et nivolumab, en comparaison avec le sunitinib, dans le traitement de première intention du carcinome rénal métastatique)

Sans aucun doute, la présentation sur le cancer du rein la plus anticipée de l’ESMO 2017 portait sur les résultats de l’essai clinique Checkmate-214 (ipililumab–nivolumab versus sunitinib dans le traitement de première intention du carcinome rénale métastatique). Parmi les conclusions présentées, la plus remarquable faisait état d’un taux de réponse complète (i.e. aucun signe de la maladie) de 16 % chez des patients dont le cancer du rein présentait des facteurs de risque intermédiaire ou élevé et dont les tumeurs s’étaient révélées positives quant à la présence de PD‑L1.

Le message à retenir est que cette combinaison de traitements a procuré un avantage global en matière de survie à l’ensemble des participants de l’essai clinique. Toutefois, il faut tenir compte du fait que les données étayant cet avantage provenaient en majeure partie de patients qui présentaient des facteurs de risque intermédiaire ou élevés au commencement de l’étude. Aussi, les patients doivent noter que les participants dont le cancer était à faible risque semblent avoir obtenu de meilleurs résultats avec le sunitinib qu’avec la nouvelle combinaison de traitements.

Pour la communauté de patients, cela illustre bien l’importance accrue de la stratification des niveaux de risque parmi les critères de choix du traitement qui leur conviendra le mieux. Ainsi, pour la majorité des patients qui présentent un risque faible, des traitements tels que le sunitinib ou le pazopanib pourraient demeurer le standard de soins.

Les défenseurs des droits des patients doivent aussi noter qu’une proportion importante des patients qui ont reçu la combinaison ipililumab-nivolumab (60 %) ont dû avoir recours aux stéroïdes pour gérer leurs effets secondaires. Or l’usage de stéroïdes entraîne des effets toxiques importants. L’IKCC est ainsi d’avis que, malgré les excellents résultats de Checkmate‑214 pour la communauté du cancer du rein, les patients ont un besoin pressant qu’on améliore les stratégies de gestion des effets secondaires. Nous encourageons aussi ces derniers à continuer de s’enrôler dans des essais cliniques qui étudient différentes combinaisons de traitements, notamment celles des anticorps de points de contrôle immunitaires à des thérapies ciblées.

Pour de plus amples informations, cliquez sur le lien suivant : ESMO 2017: Nivolumab Plus Ipilimumab versus Sunitinib in First-Line Treatment for Advanced or Metastatic RCC.

Essai clinique chirurgical – SURTIME

L’essai clinique SURTIME tente de vérifier que l’administration d’un traitement systémique, avant de procéder à l’extraction chirurgicale de la tumeur primaire, permet d’identifier les patients qui tireront bénéfice de l’opération. Toutefois, la petite envergure de cet essai n’a pas permis d’en arriver à des conclusions définitives. À l’étape de 28 semaines, le taux de survie sans progression s’est avéré identique dans les deux groupes. Cependant, la survie globale a été de 24 mois dans le groupe qui a reçu le traitement systémique avant la néphrectomie, comparativement à 16 mois, pour le groupe qui a d’abord subi la néphrectomie.

Bien que de nature exploratoire, cet essai donne à penser que l’utilisation d’un traitement préalable nous permettra un jour de choisir les patients de stade avancé qui bénéficieraient véritablement d’une néphrectomie.

Essai clinique S-TRAC (le sunitinib en tant que traitement adjuvant du cancer du rein)

À ce jour, il n’existe pas de traitement adjuvant (un traitement administré immédiatement après la chirurgie dans le but de prévenir ou de retarder la récidive) pour le cancer du rein et cela constitue un manque important. L’année dernière, les données de l'essai clinique S-TRAC ont montré une amélioration de la survie sans progression chez des patients qui présentaient des caractéristiques de risque intermédiaire ou élevé de récidive et qui avaient reçu un traitement adjuvant par sunitinib. Cependant, le traitement n’a pas eu d’effet sur la survie globale. Cette année, la mise à jour de l’essai a permis de conclure que le groupe de patients qui recevait le sunitinib dans un cadre adjuvant présentait sensiblement les mêmes effets toxiques qu’on trouve chez les patients qui le reçoivent en tant que traitement systémique. Dans le groupe qui a reçu le traitement adjuvant, 70 % des patients étaient toujours sous traitement après 9 mois, mais il n’en restait que 56 % après l’étape de 12 mois.

À l’heure actuelle, on ne dispose d’aucune indication claire que le sunitinib, en tant que traitement adjuvant, augmente la durée de la survie globale chez les patients à risque intermédiaire ou élevé. Nous attendons les recommandations du FDA Oncology Drugs Advisory Committee (ODAC) sur l’approbation de ce traitement, qui paraîtront le 19 septembre. Quelle que soit la décision de la FDA et compte tenu des effets toxiques associés à ce médicament, il incombera, tant à la communauté des patients qu’à celle des médecins, de contribuer à l’identification des patients qui recevront des bénéfices réels de l’utilisation du sunitinib en tant que traitement adjuvant.

Résultats d’autres essais cliniques sur des combinaisons de traitement dans le cadre adjuvant

Bien qu’il faille mentionner la faible envergure des deux essais suivants, ils méritent pourtant notre attention.

  • L’essai clinique sur la combinaison cabozantinib+nivolumab+ipiliumab a démontré que cette combinaison était bien tolérée par les patients de l’ensemble des cancers génito‑urinaires. Cependant, seulement deux patients atteints d’un cancer du rein (à caractéristiques sarcomatoïdes) y ont participé. Les données recueillies sont à la base d’une étude de phase 3 qui compare la combinaison cabo+nivo à celle du cabo+nivo+ipi, ainsi qu’au sunitinib en monothérapie; cet essai, intitulé Checkmate‑9ER, est présentement en recrutement.
  • L’essai clinique sur la combinaison lenvatinib+pembrolizumab a étudié l’efficacité de cette combinaison dans un groupe de patients atteints d’un carcinome rénal de stade avancé et 40 % des personnes du groupe n’avaient reçu aucun traitement antérieur. De façon remarquable, le taux de réponse pour l’ensemble des participants a atteint 63 %, un pourcentage qui s’est élevé à 83 % chez les patients qui n’avaient pas reçu de traitements au préalable. Cette combinaison constitue maintenant le volet de recherche du nouvel essai clinique randomisé Phase 3 study (randomized to sunitinib) in 1st line metastatic renal cell carcinoma.

Du point de vue des défenseurs des droits des patients, les résultats de l’essai Checkpoint‑214, dont on a discuté ci-dessus, soulèvent un nouveau questionnement sur le bien-fondé de l’utilisation du sunitinib en tant que comparatif dans ce type de recherche.

CABOSUN

L’ESMO a aussi présenté une mise à jour de l’essai CABOSUN (data, a randomized Phase 2 study comparing cabozantinib to sunitinib) relativement aux patients présentant des facteurs de risque intermédiaire ou élevé et qui n’avaient reçu aucun traitement antérieur. Une analyse indépendante des données d’imagerie médicale a confirmé la supériorité du cabozantinib sur le sunitinib.

Cet essai clinique valide le cabozantinib en tant que choix thérapeutique pour les patients n’ayant reçu aucun traitement préalable, en particulier pour ceux qui présentent un risque intermédiaire ou élevé. Maintenant que l’efficacité de cet agent est clairement établie, une gestion proactive des effets secondaires devient un incontournable, et ce, afin d’en optimiser les résultats positifs pour les patients. Encore une fois, ces données soulèvent la question du bien-fondé de l’utilisation du sunitinib en tant que comparatif dans les essais cliniques à venir. 

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